Ne voyez-vous pas l’arc-en-ciel dans ma main?

 

Le mouvement et l’immobilité, le permanent et le fluctuant, ces différentes ‘tensions’ ont amené Hélène Hibou à travailler d’une manière générale sur la disparition/apparition, et plus récemment sur les métamorphoses du végétal, de l’eau, du vent … de la nature.

Ses techniques sont diverses : dessin, photo, estampes, installations… 

Elle travaille depuis plusieurs années par projets, très souvent en collaboration ou échanges, soit avec des scientifiques, soit avec d’autres artistes. Les bouleversements climatiques l’interrogent profondément face à la disparition et aux transformations du monde. Elle explore cette dimension dans ses œuvres par des rapprochements inattendus, des ambiguïtés visuelles, cherchant à fixer ce qui est fugitif, et à rendre visible l’impalpable d’un monde fragile et en pleine mutation.

Météo-France a reconnu l’originalité de ce travail, et lui a proposé un partenariat de création, incluant une résidence de plusieurs mois dans un centre de météorologie et l’accès à ses images satellites et ses modèles numériques (2016-2019).

Travaillant sur la disparition, Hélène Hibou cherche paradoxalement à montrer la richesse, la vivacité et la puissance de ce qui nous entoure et que nous ne voyons pas forcément. Cette posture est en parfaite adéquation avec celle de l’équipe de scientifiques avec qui elle travaille actuellement, au Québec, sur la protection des bélugas dans la baie du Saint-Laurent ; ils savent qu’à court ou moyen terme, ces mammifères vont disparaître, et ils défendent une posture d’émerveillement face à la nature, indispensable, et indissociable selon eux de leur travail de recherche.

La notion de paysage, très présente dans son travail, renvoie dos à dos - ou face à face-  le corps et l’espace, le corps et l’utopie, l’utopie et l’individu. L’utopie, nous dit Michel Foucault, est un lieu hors de tous les lieux, mais un lieu où j’aurai un corps sans corps, un corps qui sera beau et (…) lumineux, colossal dans sa puissance. Mais dans ce corps ancré dans la réalité sensible du monde, existent aussi des utopies, tels des paysages reconnaissables ou étrangers, familiers ou inquiétants, des paysages qui parlent de nous avec infiniment de justesse et portent une dimension créatrice, jetant un pont entre l’intime et l’universel par le jeu des métamorphoses.

Ces perpétuels changements, cette ‘métaphysique de la métamorphose’, transcendant les frontières entre vivant et inerte, fait de la terre un même ‘moi’. Cette thèse, soutenue par le philosophe Emanuele Coccia, amène Hélène Hibou à s’orienter plus explicitement aujourd’hui dans une démarche où - entre naissance et mort - l’unique substance du vivant est en perpétuelle transformation. 


Pour en savoir plus :
Portfolio et CV


Et en plus…

 

Ateliers et stages à l’Atelier du Hibou Perché

. Linogravure

. Gaufrage

. Duo enfant/parent

Médiation artistique

Très nombreux projets avec différents publics :

. Enfants hospitalisés, écoles maternelle et primaire, collèges, lycées

. Petite enfance : crèches, relais d’assistantes maternelles (ateliers et formations pour adultes)

. Enfants / parents

. Centres d’accueil de réfugiés

et aussi …

. Maisons de retraite, quartiers en zone prioritaire

. Médiathèques, festivals, musées…